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Yves Robic

Faire entendre le monde non pas tel que, soit disant, il est…

Mais tel qu’il est, toujours recomposé, au départ de soi.

Yves Robic

Yves Robic est réalisateur radio et producteur. Après des études d’histoire il se dirige vers le théâtre. Musicien, il arrive à la radio en passant par la musique électroacoustique . Son travail documentaire, qu’il définit plutôt comme celui de « carnettiste, » d’auteur, d’arpenteur sonore et radiophonique, s’intéresse aux questions d’écologie politique, mais également à la parole intime, au récit de vie. Il capte des sons pour le cinéma documentaire et assure également des formations. Il est régulièrement diffusé en Belgique et à l’étranger, sur les radios publiques, les radios associatives, et dans des festivals.

LE SINGULIER ET LE NÉCESSAIRE…

J’enregistre…

Comme d’autres écrivent, dessinent, prennent des photos… Scènes du quotidien, à la volée, ambiances les plus diverses…

Parfois des moments plus choisis, posés, avec un voisin, un ami ou une nouvelle rencontre que je sollicite. Il peut s’agir d’entretiens balisés ou de discussions plus ouvertes lorsque le sujet n’est pas clairement défini et que, sensible au timbre d’une voix, à un accent, j’engage une discussion…
Il peut s’agir du son du vent sous une porte, ou du craquement de la braise dans le poêle, le camion de mon voisin…

Des heures s’accumulent, s’empilent, se stratifient…

Des lignes semblent se dessiner, des convergences.
Une sorte de maillage s’élabore progressivement entre cette collecte et les préoccupations que j’ai par ailleurs et qui mobilisent mon attention. Mais tout cela avance de manière intuitive.

Ce point de départ où l’intuition trouve sa place m’est nécessaire. Le sens m’échappe encore mais je continue à arpenter un territoire qui ne dit pas son nom. Le dira-t-il un jour? Peu m’importe. Terra incognita…

Avant de construire quoi que ce soit, il faut commencer par glaner, creuser, descendre à la mine et ramener les matériaux les plus disparates… semblent-t-ils.
Exit, donc, le Sujet a priori, l’Objectivité, la Thèse et l’Antithèse. La question est davantage de trouver au milieu de toute cette accumulation, de tous ces allers-retours, ce qu’il m’est nécessaire de formuler avec la plus sincère subjectivité. Etre dans l’écoute avant d’être dans la pensée. Le temps de la construction, de la « dramaturgie », du rythme, viendront. Ne brusquons pas les choses.

Mais, alors? Est -il encore possible de parler de documentaire? Certainement pas un documentaire sur… Plus probablement un documentaire de… Un peu comme en peinture ou en littérature. On ne dit jamais « C’est un tableau sur… » mais « Un tableau de… ». Disons un document. Développer une forme qui me permette de documenter un rapport au monde aussi singulier que possible. C’est cette tentative qui constitue pour moi, le geste documentaire.

Faire entendre le monde non pas tel que, soit disant il est. Mais tel qu’il est, toujours recomposé, au départ de soi.

Février 2014 – Catalogue du XIe Longueur d’ondes. Brest. France.
A propos du « Souffle de l’arpenteur »

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